Paris, le 19 janvier 2026 - Estimated reading time: 8 minutes Valentino Garavani est décédé lundi à Rome, à l’âge de 93 ans, entouré de ses proches. Avec lui disparaît une figure dont la carrière dépasse largement la catégorie du “grand couturier” : Valentino aura été l’un des derniers créateurs capables de transformer une vision esthétique en institution — puis en marque globale — sans jamais diluer l’idée fondatrice de son style. Dans une industrie où l’image précède souvent le produit, il aura imposé l’inverse : un produit si maîtrisé qu’il a fabriqué, à lui seul, une image durable. Né le 11 mai 1932 à Voghera, près de Milan, Valentino Clemente Ludovico Garavani s’est très tôt construit une trajectoire qui ressemblait déjà à un récit de mode. Prénommé en hommage à Rudolph Valentino, il hérite aussi d’un surnom — “le Cheikh” — comme un présage de l’iconographie qui l’entourera toute sa vie : une présence, une silhouette, un cérémonial. À 17 ans, il quitte l’Italie pour Paris, contre l’avis de sa famille, et s’inscrit à l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. Il y apprend la discipline, la coupe, l’exigence. Il passe ensuite par Jean Dessès, puis Guy Laroche. Cette séquence française n’est pas un détour : elle forme la structure invisible de son futur langage créatif, fait de rigueur et de contrôle, où la sensualité ne doit jamais sembler improvisée. Quand il revient à Rome, Valentino présente…
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