Temps de lecture estimé : 8 minutes Dans une industrie du luxe entrée depuis près de deux ans dans une phase d’ajustement brutal - ralentissement des clientèles aspirantes, essoufflement du marché chinois, arbitrages de consommation plus visibles et normalisation progressive des dépenses post-pandémie -, rares sont les groupes capables d’afficher simultanément une croissance organique supérieure à 20 %, une expansion de marge à deux chiffres et une accélération de leur désirabilité culturelle auprès des nouvelles générations. Jeudi, Tapestry a pourtant livré précisément ce scénario. Le propriétaire de Coach, Kate Spade et, jusqu’à récemment, Stuart Weitzman , a publié un troisième trimestre fiscal dont la puissance dépasse largement le cadre d’une simple surperformance trimestrielle. Les résultats dévoilent surtout l’émergence progressive d’un acteur capable de remettre en question plusieurs certitudes structurelles du marché mondial du luxe accessible. Car depuis 2023, la plupart des groupes internationaux ont adopté un discours relativement homogène : consommateurs plus prudents, fatigue inflationniste, volatilité géopolitique, ralentissement du trafic, polarisation du marché entre ultra-luxe et entrée de gamme, fragilité persistante de la Chine continentale. Dans ce contexte, la croissance est devenue défensive. Les maisons parlent davantage de protection de marge, de rationalisation des stocks ou de maîtrise des investissements que de conquête agressive. Tapestry évolue désormais dans une trajectoire inverse. Au troisième trimestre clos le 28 mars, les ventes de Coach ont progressé de 29 % à taux de change constants pour atteindre 1,7 milliard de dollars, tandis que le chiffre…
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