Paris, le 29 janvier 2026 - Lorsque Guillaume Motte réunit, cette semaine à New York, près de 200 marques partenaires pour le tout premier sommet mondial de Sephora, le geste dépasse largement l’exercice de communication. Il s’agit d’un signal stratégique : dans un environnement où la distribution beauté se fragmente, s’accélère et se digitalise à marche forcée, Sephora entend consolider son statut de plateforme mondiale de référence - et non de simple intermédiaire commercial. Le choix du Rainbow Room, lieu emblématique dominant Manhattan, n’est pas anodin. Il intervient à la suite d’un exercice 2025 solide pour la maison mère LVMH, dont la division Selective Retailing - largement portée par Sephora — a enregistré une croissance organique de 4 % et une progression de 28 % de son résultat opérationnel. Une performance qui contraste avec le ralentissement plus large observé dans le secteur du luxe. Un leader mondial dans un marché devenu asymétrique Derrière ces chiffres, la réalité opérationnelle apparaît toutefois plus nuancée. Certaines zones - Amérique latine, Royaume-Uni, Moyen-Orient - affichent des gains de parts de marché tangibles. D’autres, en revanche, exposent Sephora à des vents contraires structurels. Aux États-Unis, Amazon accélère dans la beauté de prestige tandis que TikTok Shop s’est hissé, en à peine deux ans, parmi les dix premiers distributeurs du secteur. En Chine, la reprise demeure fragile. En Australie, Mecca conserve une position dominante difficile à éroder. Cette hétérogénéité géographique a profondément modifié les équilibres de pouvoir entre marques et…
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