Paris, le 04 décembre 2025 - Estimated reading time: 4 minutes Lorsque l’Union européenne a interdit en 2022 l’exportation vers la Russie d’articles de luxe d’une valeur supérieure à 300 euros, l’objectif était clair : couper l’accès à un symbole de statut social fortement associé aux élites économiques. Trois ans plus tard, la réalité est plus nuancée. Le marché russe ne s’est pas effondré ; il s’est réorganisé. Un luxe plus rare, plus discret — et deux fois plus cher Selon une analyse du Financial Times appuyée par les travaux de Morpheus Research, les consommateurs russes les plus fortunés continuent d’acheter des articles de luxe européens. Mais ces achats se font désormais via des réseaux de réexportation, principalement basés en Turquie, aux Émirats arabes unis et en Chine. La conséquence est directe : un panier moyen de 1.229 euros en Europe atteint 2.626 euros à Moscou une montre vendue 17.700 euros en Europe grimpe à 33.100 euros en Russie les sacs à main dépassent fréquemment les 5.000 euros, contre environ 2.000 euros dans l’UE. Le grand magasin Tsum — institution du luxe moscovite — continue d’afficher un assortiment fourni : Gucci, Saint Laurent, Burberry, Valentino, Bottega Veneta, Chloé, Dolce & Gabbana. Une situation souvent qualifiée par les acteurs du secteur de “secret de polichinelle”. Le rôle clé des réexportations Le cadre réglementaire interdit la vente directe de produits au-delà de 300 euros, mais autorise la commercialisation vers des pays tiers. Ces derniers…
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