Estimated reading time: 7 minutes Longtemps, les groupes de luxe ont considéré la durabilité comme une question de réputation. Une exigence croissante des régulateurs, un sujet de communication pour les investisseurs ou un élément de dialogue avec les nouvelles générations de clients. Le rapport non financier 2026 publié par Richemont raconte une histoire différente. Derrière les indicateurs environnementaux, sociaux et de gouvernance se dessine une transformation plus profonde : la durabilité devient progressivement un outil de sécurisation des actifs stratégiques du groupe. Cette évolution intervient à un moment charnière pour l'industrie. Après une décennie marquée par une croissance exceptionnelle alimentée par la Chine, les voyages internationaux et l'expansion continue des clientèles fortunées, le luxe entre dans une nouvelle phase. Les tensions géopolitiques se multiplient. Les chaînes d'approvisionnement deviennent plus vulnérables. Les réglementations européennes se durcissent. Les ressources naturelles se raréfient. Les savoir-faire artisanaux deviennent plus difficiles à transmettre. Dans ce contexte, la question n'est plus seulement de savoir comment produire davantage de désir. Elle consiste à déterminer comment préserver les conditions qui permettent encore de le produire. Pour un groupe réalisant 22,4 milliards d'euros de ventes annuelles, dont 12,2 milliards d'euros dans la joaillerie, cette question revêt une dimension particulière. Richemont n'est pas un acteur du luxe comme les autres. Son exposition aux métaux précieux, aux diamants, aux pierres de couleur et aux métiers artisanaux rares lui confère une dépendance structurelle à des ressources dont l'accès devient progressivement plus complexe.…
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