Paris, le 14 novembre 2025 –
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Richemont publie une performance nettement supérieure aux prévisions pour son deuxième trimestre clos fin septembre, consolident ainsi son statut de valeur refuge du luxe.
Porté par une croissance de 14 % à taux constants, le groupe surclasse le consensus Visible Alpha qui attendait 5 milliards d’euros de ventes, contre 5,21 milliards réalisés.
L’Asie redémarre, l’Amérique surprend
La dynamique de Richemont s’appuie sur une amélioration simultanée de toutes les régions, un phénomène rare dans un secteur en reprise progressive.
Asie-Pacifique : +10 % à taux constants, confirmant un redressement du marché chinois après plusieurs trimestres irréguliers.
Amériques : +20 %, ajusté des effets de change — une performance qui contraste avec les signaux plus prudents observés chez certains concurrents, et qui confirme la résilience de la demande américaine pour la haute joaillerie.
Europe et Japon : croissance supérieure à 10 %, portée par le tourisme et la clientèle locale haut de gamme.
Cette homogénéité renforce l’idée d’une phase de normalisation plutôt que d’un simple rebond opportuniste.

La joaillerie, pilier stratégique et amortisseur cyclique
Richemont continue à bénéficier de la puissance de Cartier et Van Cleef & Arpels, véritables moteurs structurels du groupe.
Dans un marché volatil, la joaillerie reste la catégorie la moins sensible aux fluctuations macroéconomiques — un atout décisif face au ralentissement observé dans l’horlogerie suisse.
Cette solidité offre au groupe un levier de croissance stable, tout en donnant de la visibilité aux investisseurs.

Un enjeu géopolitique : les négociations tarifaires Suisse–États-Unis
Le marché surveille désormais un autre facteur clé : la possible révision des droits de douane américains, imposés sous l’administration Trump, qui taxent les importations suisses à 39 %.
Les discussions tenues à Washington cette semaine laissent entrevoir un accord destiné à réduire ces barrières et à rééquilibrer l’excédent suisse.
Les enjeux sont majeurs :
Les États-Unis représentent 22 % des ventes de Richemont.
Une réduction tarifaire pourrait mécaniquement soutenir les marges des maisons horlogères du groupe.
Un signal clair pour le secteur
Les résultats de Richemont, dans le sillage de la reprise observée chez Burberry, confortent l’idée d’une normalisation graduelle du luxe après plusieurs trimestres sous pression.
Mais le groupe genevois se démarque par l’ampleur du rebond et sa capacité à surperformer grâce à son modèle centré sur la haute joaillerie.
Perspectives à surveiller
- Issue des négociations Suisse–États-Unis, déterminante pour l’horlogerie.
- Stabilisation durable du marché chinois.
- Traction des segments horlogers, encore contrastée à l’échelle du secteur.
- Impact potentiel sur les marges si la croissance américaine se maintient.
Principalement grâce à la solidité de son pôle joaillerie, avec Cartier et Van Cleef & Arpels, moins sensibles aux cycles économiques.
Crédit photographie/graphique : © Richemont
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