Paris, le 22 janvier 2026 - Estimated reading time: 6 minutes Richemont a vendu Baume & Mercier au joaillier italien Damiani dans le cadre d’une transaction privée dont les conditions n’ont pas été communiquées. À première vue, l’opération pourrait sembler périphérique dans un groupe dominé par des actifs à forte désirabilité comme Cartier ou Van Cleef & Arpels. Mais le dossier est plus instructif qu’il n’y paraît : il illustre la manière dont les conglomérats du luxe arbitrent désormais plus rapidement entre héritage, distribution et création de valeur — en particulier dans l’horlogerie, où la reprise reste sélective et la polarisation du marché s’accentue. Baume & Mercier occupe une place atypique dans l’architecture horlogère de Richemont. Fondée en 1830, basée à Genève, dotée de huit boutiques et d’une production aux Brenets, dans le Jura suisse, la marque a longtemps fonctionné comme un pilier “commercial” de la division horlogère spécialisée. Son positionnement plus accessible et sa dépendance historique à la distribution wholesale (multimarques) en faisaient une exception dans un univers de plus en plus structuré autour de la vente directe, du contrôle du récit et d’une gestion serrée de la rareté. Cette singularité est devenue une contrainte. Dans une note, Kepler Cheuvreux estime que Baume & Mercier génère environ 100 M€ de chiffre d’affaires mais reste déficitaire, et décrit une marque “en difficulté depuis des années”. La banque va plus loin : elle y voit la preuve d’une stratégie plus offensive…
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