Paris, le 14 janvier 2026 - Estimated reading time: 5 minutes Lorsque Renzo Rosso reçoit les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Rome, ce n’est pas seulement un hommage personnel rendu à l’un des entrepreneurs les plus singuliers de la mode contemporaine. C’est aussi un signal politique, culturel et économique, adressé à une industrie où la France et l’Italie demeurent étroitement imbriquées — parfois concurrentes, souvent complémentaires. La cérémonie, organisée à l’ambassade de France en Italie, dans l’enceinte solennelle du Palazzo della Farnesina, inscrit cette distinction dans une géographie symbolique : celle d’un dialogue bilatéral nourri par la création, l’industrie et le capital. Une trajectoire bâtie entre industrie et intuition Fondateur du groupe OTB, Renzo Rosso a construit son parcours à rebours des modèles traditionnels du luxe européen. Loin d’un conglomérat structuré autour d’un récit patrimonial unique, OTB s’est développé comme un écosystème hybride, mêlant marques créatives, plateformes industrielles et engagements sociétaux. De Diesel à Marni, de Jil Sander à Viktor & Rolf, le groupe a agrégé des maisons aux identités fortes, parfois fragiles, souvent exigeantes, en leur laissant une autonomie créative inhabituelle à cette échelle. Ce positionnement — ni purement financier, ni strictement créatif — constitue l’un des marqueurs distinctifs de la méthode Rosso. Une méthode qui privilégie le temps long, l’expérimentation et une tolérance assumée à l’irrégularité, dans un secteur pourtant obsédé par la standardisation de la performance. La France, pivot stratégique du dispositif OTB Si OTB est historiquement ancré en Italie, la France en est devenue l’un…
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