Paris, le 07 juillet 2025 –
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Alors que les maisons de couture préparent une série de débuts artistiques inédits, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM), en partenariat avec le gouvernement français, a procédé à une révision majeure des critères d’éligibilité à l’appellation « haute couture » — une première depuis plus de deux décennies.
Cette réforme, technique et discrète, intervient dans un moment de bascule où Paris, plus que jamais, entend consolider sa position de capitale mondiale de la création sur mesure.
Les nouvelles directives visent à adapter l’écosystème de la haute couture aux réalités du marché contemporain.
Désormais, certaines maisons pourront ne présenter qu’un seul défilé annuel, contre deux auparavant. La commission ministérielle chargée du suivi de l’appellation a été remaniée et des inspecteurs indépendants seront nommés pour évaluer, sur pièces et en ateliers, le respect des critères historiques : emploi d’au moins 20 artisan·es et production de 25 looks par saison.
Une saison de transition avant une vague de premières
Si les projecteurs se braquent déjà sur janvier 2026 — date annoncée des premiers défilés couture de Jonathan Anderson pour Dior, Matthieu Blazy pour Chanel, et le retour de Balenciaga — l’édition automne 2025 de la Semaine de la Couture à Paris s’impose comme une saison de respiration stratégique.
Glenn Martens y fera ses débuts chez Maison Margiela, tandis que le créateur basé à Dubaï, Rami Al Ali, rejoint le calendrier officiel en tant qu’invité.
Chez Givenchy, la nomination de Sarah Burton en mars a déjà produit ses premiers effets.
La maison étoffe discrètement son atelier parisien, tout en répondant aux commandes personnalisées d’une clientèle haut de gamme depuis Londres, où Burton partage son temps.
Une activité soutenue malgré l’attente

Les deux premières collections post-Virginie Viard ont été conçues par l’équipe studio.
La première collection signée Matthieu Blazy est attendue pour la saison prêt-à-porter de septembre.
Chez Dior, la transition entre Maria Grazia Chiuri et Jonathan Anderson est pensée comme un temps long.
En mai, Chiuri a présenté à Rome un ultime défilé couture composé de 31 silhouettes.
En coulisses, des rendez-vous privés avec la clientèle se poursuivent.
Une demande mondiale résiliente
Malgré le ralentissement observé sur certains marchés, la haute couture parisienne continue de séduire une clientèle très ciblée.
Les États-Unis et le Moyen-Orient demeurent des zones de forte demande.
De nombreux clients américains issus du secteur technologique recherchent des pièces couture de jour, tandis que la clientèle féminine chinoise — souvent constituée de femmes actives et mobiles — reste très présente.
« La haute couture est aujourd’hui un marqueur de temps et d’attention dans un monde de plus en plus rapide », confie Pavlovsky.
Le ralentissement perçu par certains secteurs semble au contraire renforcer l’attrait d’une mode d’exception, cousue main et construite pour durer.
Maintenir l’excellence dans un cadre plus souple
Pascal Morand, directeur général de la FHCM, insiste sur l’équilibre recherché entre ouverture et exigence.
Le calendrier de juillet 2025 compte 27 shows contre 28 en janvier.
Iris Van Herpen, Robert Wun, ArdAzAei et Adeline André sont de retour, tandis qu’Alexis Mabille, Julien Fournié, Gaurav Gupta, Maison Sara Chraibi et Miss Sohee ne défilent pas cette saison.
La valeur d’impact médiatique de la Semaine de la Couture aurait été multipliée par quatre entre 2022 et 2025, selon Launchmetrics.
« La haute couture est un îlot de stabilité dans un monde en accélération », résume Morand.
Mais pour Sidney Toledano, président de la commission couture, l’assouplissement de certaines règles ne doit pas mener à une dilution des exigences : « Ce n’est pas une F1 au rabais. La clientèle attend le meilleur. »
La Fédération de la Haute Couture et de la Mode et le gouvernement français ont mis à jour les règles pour la première fois depuis 20 ans.
Parmi les changements : la possibilité pour certaines maisons de ne présenter qu’une collection par an (au lieu de deux obligatoires), et la nomination d’experts pour vérifier le respect des critères minimums (25 looks par saison, 20 salarié·es minimum).
Crédit photographie : © M&M
Crédit graphique : M&M
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