Paris, le 17 février 2026 - 6 minutes Un groupe à contre-cycle Dans une année que plusieurs dirigeants décrivent déjà comme l’une des plus complexes de la décennie pour la mode internationale, OTB Group choisit une trajectoire singulière : accepter une pression sur les marges afin de préserver - voire amplifier - le moteur créatif de ses marques. Le chiffre d’affaires recule de 5,9 %, à 1,6 milliard d’euros, tandis que l’EBITDA se contracte de 14 %. Sur le papier, la performance semble en retrait. Pourtant, la lecture stratégique proposée par la direction est différente : le groupe a volontairement maintenu son niveau d’investissement dans la distribution directe, l’innovation et la transformation créative, là où d’autres acteurs ont adopté une posture plus défensive. Pour Ubaldo Minelli, cette approche reflète une conviction claire : la créativité constitue un levier de résilience économique autant qu’un marqueur d’identité. La créativité comme architecture de gouvernance Chez OTB, la créativité n’est pas présentée comme un attribut marketing, mais comme une logique structurelle. Le fondateur Renzo Rosso insiste sur une vision où innovation, durabilité et audace stratégique deviennent indissociables. Cette philosophie se matérialise par une série de décisions structurantes : renouvellement profond des directions artistiques réallocation des investissements vers les boutiques en propre rationalisation du wholesale montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les opérations À court terme, ces choix pèsent sur les marges. À long terme, ils redéfinissent le profil du groupe : moins dépendant du volume, davantage orienté vers…
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