Temps de lecture estimé : 8 minutes À première vue, les résultats trimestriels publiés mardi par On Holding pourraient simplement confirmer la dynamique exceptionnelle d’une marque de running premium devenue en quelques années l’un des phénomènes les plus surveillés de l’industrie mondiale du sport. Mais derrière les chiffres - solides, spectaculaires même - se dessine en réalité une mutation plus profonde : celle d’un groupe qui cherche désormais à sortir du simple statut de marque de performance pour devenir une véritable plateforme mondiale de désirabilité contemporaine. Le moment est d’autant plus stratégique que cette trajectoire se poursuit dans un contexte de transition managériale inhabituellement sensible. En l’espace d’un an, la société suisse a changé deux fois de direction générale, alimentant les interrogations des marchés sur sa capacité à préserver la discipline qui avait jusqu’ici accompagné son hypercroissance. Pourtant, loin d’afficher des signes de ralentissement, le groupe semble au contraire accélérer sa transformation. Le chiffre d’affaires trimestriel progresse de 14,5 % à 831,9 millions de francs suisses, franchissant pour la première fois le seuil symbolique des 800 millions sur un trimestre. Le bénéfice net bondit de plus de 82 %, tandis que la marge brute atteint 64,2 %, un niveau qui rapproche davantage l’entreprise des standards de certaines maisons premium ou groupes du luxe que des modèles traditionnels du sportswear mondial. Dans un secteur historiquement construit sur la massification des volumes, les promotions agressives et la dépendance aux cycles d’innovation produit, cette rentabilité…
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