Paris, le 03 mars 2026 –
6 minutes
Il existe des seuils qui sont plus que comptables.
En franchissant pour la première fois les 3 milliards de francs suisses de chiffre d’affaires annuel (+30 %), On Holding ne signe pas seulement une performance financière ; la marque zurichoise confirme qu’un acteur né dans la course à pied peut désormais prétendre à une place structurelle dans l’écosystème mondial du premium sportif.
Le quatrième trimestre, à 743,8 millions CHF (+22,6 %), dépasse les attentes.
Le bénéfice par action ajusté, à 0,25 CHF, recule sur un an mais surpasse les prévisions.
L’équation est révélatrice : pression sur certains indicateurs de rentabilité, mais dynamique commerciale intacte.
Dans un environnement où les investisseurs scrutent chaque point de marge, On réussit l’essentiel — maintenir une croissance supérieure au consensus tout en préservant son positionnement prix.
La géographie raconte une histoire plus stratégique que conjoncturelle.
L’Amérique du Nord progresse de 12,8 %, signe d’une base désormais mature.
L’EMEA avance de 24,2 %, portée par l’ancrage européen historique. L’Asie-Pacifique, elle, bondit de 70,8 %.
Ce triptyque dessine la prochaine phase du cycle : stabilisation en Amérique, expansion accélérée en Asie, consolidation qualitative en Europe.
Pour 2026, la direction assume que la croissance viendra principalement de l’Asie et de l’EMEA, confirmant une bascule du centre de gravité.
Plus structurel encore, la montée en puissance du direct-to-consumer.
Les ventes DTC progressent de 21,7 % et s’établissent à 360,6 millions CHF, au coude-à-coude avec le wholesale.
Le groupe compte désormais 70 boutiques dans le monde, après 18 ouvertures l’an dernier, et prévoit d’en ouvrir entre 15 et 20 supplémentaires. Les nouveaux magasins sont en moyenne 40 % plus vastes que les anciens.
La surface devient outil narratif : espace pour installer l’univers, pour exposer l’habillement, pour créer une relation directe avec le client. La distribution n’est plus un canal ; elle est une scène.
La chaussure demeure le socle, à 687,3 millions CHF au trimestre (+20,8 %).
Mais le signal le plus intéressant réside ailleurs : l’habillement progresse de 38,3 %, les accessoires de 117,7 %.
Les vêtements et accessoires représentent encore 7 % des ventes totales, mais jusqu’à 20 % dans les flagships. Surtout, 10 % des nouveaux clients entrent dans la marque par l’habillement.
On ne se contente plus d’équiper le coureur ; la marque habille le mode de vie.
La stratégie “from feet to head” est explicite.
Au cœur de cette ambition se trouve LightSpray, technologie de tige imprimée en 3D appelée à être industrialisée à grande échelle grâce à une nouvelle usine en Corée du Sud, dotée d’une capacité multipliée par 30.
La Cloudmonster 3 Hyper LightSpray marque une étape symbolique : innovation visible, discours technologique assumé, promesse d’efficacité manufacturière.
Dans un marché saturé d’itérations incrémentales, On tente de bâtir une plateforme différenciante.
L’enjeu n’est pas seulement la performance produit ; c’est la construction d’un avantage compétitif durable.
Les perspectives 2026 traduisent cette confiance : au moins 23 % de croissance à taux de change constant, une marge brute d’au moins 63 %, un EBITDA ajusté entre 18,5 % et 19 %.
L’ambition est claire : croissance rapide, discipline de marge, et montée en gamme maintenue.
Les analystes – de Truist à Needham, de William Blair à Telsey Advisory Group et Piper Sandler – conservent des recommandations positives, malgré un titre en retrait d’environ 22 % par rapport à son pic de mai 2025.
Pour certains, la correction constitue une fenêtre d’entrée.
Les risques ne sont pas ignorés : droits de douane, vigueur du franc suisse, concurrence renforcée de Hoka et Nike.
Mais la direction insiste sur un point : ce n’est pas le moment de céder à la tentation promotionnelle.
Dans un climat où nombre d’acteurs arbitrent entre volumes et image, On choisit la cohérence stratégique plutôt que la réaction tactique.
Au-delà des chiffres, la narration est culturelle.
David Allemann évoque un basculement sociétal : la santé, la longévité et la performance remplacent les marqueurs traditionnels de statut.
Ce discours fait écho à une transformation plus large du luxe et du premium, où l’expérience corporelle et le bien-être deviennent signifiants.
On occupe cet espace intermédiaire, entre fonctionnalité technique et aspiration lifestyle.
La question, désormais, dépasse la croissance annuelle.
Elle porte sur la capacité d’On à devenir une marque globale de performance lifestyle, structurée comme un acteur premium, technologiquement différenciée, géographiquement équilibrée et distributionnellement intégrée.
Franchir les 3 milliards CHF n’est pas l’aboutissement ; c’est la validation d’un modèle.
Le véritable test résidera dans la capacité à transformer LightSpray en plateforme pérenne, l’habillement en pilier significatif, et l’Asie en deuxième moteur structurel.
Dans un marché du sport fragmenté entre géants historiques et challengers spécialisés, On tente une synthèse rare : vitesse d’exécution, discipline financière et ambition de marque.
Si l’entreprise parvient à maintenir cet équilibre, elle pourrait s’imposer non comme une alternative, mais comme une référence.
On a enregistré un chiffre d’affaires de 743,8 millions CHF au T4 (+22,6 %), supérieur aux attentes.
Le bénéfice par action ajusté s’est établi à 0,25 CHF, au-dessus des prévisions du marché malgré un recul sur un an.
Crédit photographie : © On
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