Paris, le 20 juin 2025 –
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Mulberry Group Plc cherche à lever 20 millions de livres sterling pour financer un plan de redressement stratégique, dans un contexte de baisse marquée de ses ventes et d’élargissement de ses pertes.
Ce recours aux marchés met en lumière les fragilités persistantes de la marque britannique de maroquinerie et ravive les tensions entre ses deux principaux actionnaires, Challice et Frasers Group.
Dans une déclaration publiée vendredi, la société a indiqué que son chiffre d’affaires annuel devrait chuter à environ 120 millions de livres, contre 152,8 millions l’année précédente.
La perte sous-jacente avant impôts devrait quant à elle s’alourdir à 23 millions de livres, légèrement au-dessus des 22,6 millions enregistrés en 2024.
Le conseil d’administration de Mulberry est actuellement en pourparlers avec Challice, le véhicule d’investissement contrôlé par la famille Ong de Singapour, ainsi qu’avec Frasers Group, dirigé par le milliardaire britannique Mike Ashley.
Si les discussions échouent, Challice s’est engagé à garantir à lui seul l’intégralité du financement requis.
Cette nouvelle opération financière intervient dans un climat de gouvernance tendu.
L’année dernière, Frasers Group, qui détient 37 % de Mulberry, avait tenté de prendre le contrôle de l’entreprise, une tentative finalement avortée après le refus de Challice — détenteur de 56 % du capital — de céder ses parts.
Frasers a décliné toute demande de commentaire sur le nouveau plan de financement.
Depuis sa nomination à la tête de l’entreprise l’an dernier, le directeur général Andrea Baldo a engagé plusieurs chantiers de transformation.
L’objectif : repositionner l’offre vers une gamme de produits plus accessibles, réduire la dépendance aux clientèles asiatiques, et restaurer les marges dans un contexte de consommation incertaine.
Des mesures de réduction de coûts ont été mises en œuvre, incluant la fermeture de points de vente déficitaires et une réduction des effectifs au siège.
Le titre Mulberry a chuté de 6,7 % à Londres vendredi, enregistrant sa plus forte baisse en près de trois mois.
Les investisseurs s’interrogent sur la viabilité du repositionnement stratégique dans un marché de plus en plus concurrentiel, marqué par la montée de marques plus agiles, souvent numériques.
Alors que le secteur du luxe personnel montre des signes de ralentissement global, la situation de Mulberry reflète la difficulté de certaines maisons historiques à conjuguer héritage et adaptation aux nouvelles dynamiques de marché.
Le succès de cette levée de fonds conditionnera non seulement la capacité de l’entreprise à poursuivre sa restructuration, mais aussi l’équilibre fragile entre ses actionnaires.
Le chiffre d’affaires devrait reculer à 120 millions de livres sur l’exercice 2025, contre 152,8 millions un an plus tôt. La perte avant impôts est attendue à 23 millions de livres.
Crédit photographie : © Mulberry
Crédit graphique : M&M
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