Lecture : 8 minutes Dix ans après avoir contribué à la création de Viva Technology, LVMH revient à Paris avec une préoccupation bien différente de celle qui animait les débuts du salon. En 2016, l'industrie du luxe cherchait encore à comprendre comment le numérique allait transformer le commerce, la communication et la relation client. En 2026, la question n'est plus celle de l'adoption de la technologie mais celle du contrôle de l'intermédiation. La privatisation d'une partie des Champs-Élysées à l'occasion du dixième anniversaire de VivaTech, à laquelle participera Guerlain à travers une activation dédiée à l'intelligence artificielle et à la création de contenu, offre une illustration presque symbolique de cette évolution. L'une des plus anciennes Maisons du groupe investit l'une des avenues les plus célèbres du monde pour parler d'une technologie susceptible de redéfinir la manière dont les consommateurs découvrent, évaluent et choisissent les marques. Derrière l'événement se dessine une transformation beaucoup plus profonde : le déplacement progressif du point d'entrée dans l'univers du luxe. Pendant plus d'un siècle, ce point d'entrée était la boutique. Puis sont venus les magazines, les grands magasins, Internet, les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. Chaque révolution a déplacé le lieu où naissait le désir. L'intelligence artificielle pourrait être la prochaine étape de cette histoire. Pour les groupes de luxe, cette évolution présente une singularité rarement évoquée publiquement. Leur principal actif n'est pas uniquement un produit, une manufacture ou un réseau de distribution.…
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