Paris, le 13 février 2026 - 6 minutes La décision de LVMH de nommer François Kohler à la présidence de l’Asie du Sud et du Sud-Est ne relève pas d’un simple ajustement managérial. Elle s’inscrit dans une reconfiguration plus profonde de la carte de croissance du premier groupe mondial du luxe, à un moment où la diversification géographique devient un impératif stratégique autant qu’un levier de résilience. À compter du 23 février 2026, Kohler reportera directement à Stéphane Bianchi, chargé de la supervision opérationnelle du groupe. Cette ligne hiérarchique courte souligne l’importance croissante accordée à une région longtemps considérée comme périphérique, mais désormais identifiée comme l’un des prochains moteurs du développement des maisons LVMH. Une région en train de changer d’échelle L’Asie du Sud et du Sud-Est représente aujourd’hui un territoire stratégique où se croisent plusieurs dynamiques structurantes : urbanisation rapide, montée des classes aisées, croissance du tourisme intra-régional et international, et émergence d’une clientèle locale plus sophistiquée dans sa relation au luxe. Alors que la Chine entre dans une phase de normalisation de la croissance, ces marchés - Thaïlande, Vietnam, Malaisie, Singapour ou Indonésie - offrent une trajectoire différente : plus fragmentée, mais potentiellement durable. LVMH, qui réalise environ 26 % de son chiffre d’affaires en Asie hors Japon, semble ainsi vouloir affiner son pilotage régional plutôt que d’appliquer une approche uniformisée. Le changement n’est pas seulement géographique ; il est aussi culturel. La croissance ne vient plus uniquement des grandes capitales, mais d’un maillage plus…
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