Temps de lecture estimé : 6 minutes Le relèvement de recommandation de Barclays sur LVMH dépasse largement le cadre d’un simple ajustement tactique de valorisation. Derrière cette inflexion apparaît une interrogation beaucoup plus profonde sur la manière dont les marchés financiers évaluent désormais le luxe européen après plus d’une décennie de surperformance quasi ininterrompue. Depuis le début de l’année, LVMH est devenu le réceptacle de l’ensemble des inquiétudes pesant sur le secteur : ralentissement chinois, contraction de la clientèle aspirationnelle, volatilité géopolitique, hausse des prix de l’énergie, fatigue du consommateur américain et normalisation post-revenge spending. En perdant près de 29 % depuis janvier - sa pire ouverture annuelle historique - le groupe de Bernard Arnault a progressivement cessé d’être valorisé comme une plateforme mondiale de rareté pour redevenir, aux yeux d’une partie du marché, un actif cyclique exposé à la consommation discrétionnaire mondiale. C’est précisément cette lecture que Barclays commence désormais à remettre en cause. Le point central de la note n’est pas tant que LVMH serait “bon marché” - notion toujours relative dans le luxe - mais plutôt que le marché pourrait avoir commencé à sous-évaluer la capacité du groupe à recréer de nouveaux moteurs de croissance internes au moment même où le consensus macroéconomique devient le plus pessimiste. Dans l’histoire des grandes valeurs de luxe européennes, les phases de compression de multiples ont rarement été liées à une disparition de la désirabilité des maisons. Elles ont davantage correspondu à des périodes où le marché…
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