Lecture : 7 minutes Les actionnaires de Kering sont venus chercher des selfies. Les marchés, eux, cherchaient autre chose. Depuis plusieurs années, la question centrale entourant le groupe dirigé par François-Henri Pinault n’est plus de savoir si Gucci demeure une grande marque de luxe. Peu d’analystes contestent encore la puissance de son héritage, de sa notoriété ou de sa capacité à redevenir désirable. La question est devenue plus fondamentale : Kering peut-il encore prospérer lorsqu’une seule maison concentre une part aussi importante de sa création de valeur ? L’assemblée générale organisée à Paris a apporté un élément de réponse. Pour la première fois depuis son arrivée à la direction générale, Luca de Meo a présenté publiquement une vision qui dépasse largement le redressement de Gucci. Derrière les objectifs opérationnels, derrière les projets de rénovation du réseau commercial et derrière les initiatives annoncées dans la joaillerie ou le bien-être, apparaît une ambition plus profonde : réduire progressivement la dépendance structurelle du groupe à son actif historique le plus important. Cette évolution constitue probablement le changement stratégique le plus significatif chez Kering depuis l’abandon progressif du modèle de conglomérat qui caractérisait autrefois le groupe. Pendant plus de vingt ans, Gucci a servi de locomotive. La maison italienne a financé une grande partie des acquisitions, soutenu les marges du groupe et permis à Kering de rivaliser avec les plus grands acteurs européens du luxe. Cette concentration a longtemps constitué une force. Elle apparaît…
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