Paris, le 04 décembre 2025 - Estimated reading time: 6 minutes L’onde de choc est silencieuse, mais profonde. Mercredi, la police italienne s’est présentée au siège de treize maisons de mode haut de gamme — de Prada à Dolce & Gabbana, de Givenchy Italia à Alexander McQueen — pour exiger la remise immédiate de documents de gouvernance et de conformité.Aucune de ces entreprises n’est formellement mise en cause. Pourtant, la démarche marque une inflexion majeure dans la façon dont les autorités italiennes abordent la question, explosive, de l’exploitation de la main-d’œuvre dans la filière mode et luxe. Une enquête qui s’étend du terrain aux sièges : vers une responsabilité systémique Au cœur de l’enquête, menée par le parquet de Milan, se trouvent des dizaines de perquisitions conduites ces derniers mois dans des ateliers tenus par des entrepreneurs chinois. Les investigations ont révélé des conditions de travail contraires aux normes légales, des rémunérations insuffisantes, et des chaînes d’approvisionnement fragmentées jusqu’à l’invisible. Dans plusieurs de ces ateliers, la police a retrouvé des produits, des échantillons ou des documents de sous-traitance liés à treize marques italiennes et internationales. L’objectif n’est plus seulement de sanctionner les ateliers fautifs, mais d’évaluer la structure de responsabilité des donneurs d’ordre : comment sélectionnent-ils leurs fournisseurs ? Quels mécanismes de contrôle ont-ils déployés ? Quels signaux faibles ont été ignorés — et pourquoi ? Gouvernance, conformité, audit : l’État réclame une transparence totale Les injonctions adressées aux maisons de luxe…
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