Paris, le 08 décembre 2025 –
Temps de lecture estimé : 4 minutes
Après une année 2025 marquée par une volatilité inhabituelle — ralentissement chinois, tarification sous tension, effets persistants des politiques commerciales américaines — les signaux avancés du secteur du luxe en Europe commencent à se stabiliser.
Le retournement progressif observé au second semestre 2025 alimente désormais la conviction que 2026 pourrait constituer un point d’inflexion.
Un optimisme alimenté par trois facteurs structurants
Les analystes identifient trois moteurs principaux pour expliquer ce regain de confiance :
(1) des publications T3 solides, qui confirment que la détérioration de la demande mondiale a atteint un plancher ;
(2) un marché chinois en voie de réaccélération, porté par des mesures de soutien conjoncturel et une normalisation de la consommation domestique ;
(3) un renouvellement créatif généralisé, perçu comme un catalyseur de désirabilité, notamment chez les Maisons les plus exposées à un cycle de marque exigeant.
UBS, JPMorgan et HSBC convergent désormais autour d’un scénario de reprise modérée mais tangible, autour de 4–6 % de croissance organique en 2026.
Une dynamique chinoise redevenue centrale
La Chine — qui représente environ 26 % des ventes mondiales du secteur — devrait enregistrer un rebond de +6 % en 2026, après une contraction de 5 % cette année.
Ce retour en territoire positif est crucial pour les groupes fortement exposés : Moncler, Swatch Group, mais aussi les leaders qui ont résisté au cycle baissier.
Pékin envisage de nouvelles mesures de soutien destinées à stimuler la consommation intérieure, renforçant la perspective d’une amélioration graduelle.
Un secteur encore loin des années de croissance “hors norme”
Les professionnels du marché insistent néanmoins sur la nécessité de relativiser ces signaux.
Les années post-Covid, marquées par un excès de liquidité et une demande chinoise surabondante, avaient généré des rythmes de croissance jugés « insoutenables ».
2026 se présente donc comme une normalisation plus qu’un retour aux excès du cycle précédent.
Les clientèles dit aspirational — moteur historique des volumes — restent plus prudentes dans un contexte inflationniste, pénalisant les segments d’entrée de gamme.
Polarisation et sélection accrue des investisseurs
Les valorisations reflètent déjà une partie des bonnes nouvelles :
le secteur se traite de nouveau près de 30x les bénéfices anticipés, soit le double du marché européen.
Dans ce contexte, la pression sur les résultats restera forte, avec un marché davantage en quête de résilience que de promesses.
Les investisseurs privilégient désormais :
Richemont, qui affiche une trajectoire robuste et un rythme de croissance supérieur au marché ;
LVMH, considéré comme un indicateur avancé de la confiance du secteur, après un troisième trimestre en reprise et une réaction positive du marché à la réouverture de son flagship Louis Vuitton à Shanghai ;
Hermès, dont la mécanique de désirabilité reste intacte ;
Perspectives à Surveiller
La trajectoire 2026 dépendra de la capacité des groupes à réancrer la désirabilité, maîtriser les effets prix/mix et orchestrer une croissance qualitative dans un environnement où la sélectivité des clientèles — comme des investisseurs — s’est durablement installée.
Le secteur aborde ce nouveau cycle avec un optimisme discipliné : plus mesuré, mais plus solide.
Crédit photographie/graphique : © Louis Vuitton
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