Temps de lecture estimé : 6 minutes Article réalisé en partenariat avec The Off Pour Kering, le temps des ajustements incrémentaux semble révolu. À Florence, lors d’une journée dédiée aux marchés financiers, Luca de Meo a déroulé un plan de transformation d’une ampleur rare dans le secteur du luxe, structuré autour d’un impératif clair : restaurer la rentabilité et réarmer le groupe dans une logique de conquête à horizon 2030. Le diagnostic posé est sans détour. Entre 2022 et 2025, la marge opérationnelle courante du groupe s’est contractée de 27 % à 11 %, révélant la fragilité d’un modèle historiquement dépendant de deux moteurs aujourd’hui affaiblis : Gucci et la Chine. Dans ce contexte, la feuille de route baptisée « ReconKering » ne cherche pas à masquer la rupture engagée : elle repose sur une transformation en trois temps — restructuration d’ici 2026, reconstruction jusqu’en 2028, puis reconquête stratégique à horizon 2030. Le cœur du plan repose sur une logique de densification de la valeur plutôt que d’expansion volumique. Le dirigeant assume une approche radicale du réseau de distribution, avec la fermeture de 250 boutiques sur quatre ans et la rénovation des deux tiers du parc existant. L’objectif est explicite : doubler la productivité retail, restaurer la désirabilité des marques et réorienter les ventes vers le plein tarif. Cette stratégie s’accompagne d’une réduction drastique des stocks - un milliard d’euros visé en douze mois - et d’une refonte de la chaîne d’approvisionnement inspirée des standards de…
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