Temps de lecture estimé : 8 minutes Pendant plusieurs heures samedi soir, l’économie symbolique de Times Square a changé de propriétaire. Les écrans géants qui diffusent habituellement des campagnes de streaming, des publicités automobiles, des franchises hollywoodiennes ou des plateformes technologiques se sont transformés en infrastructure narrative pour Gucci. Les passants continuaient de traverser Broadway, les sirènes résonnaient toujours autour des barrières noires installées par la maison italienne, les touristes levaient leurs téléphones vers les panneaux lumineux, mais le centre visuel de Manhattan n’appartenait plus vraiment à New York. Il appartenait à Demna. Dans l’industrie du luxe, peu de maisons disposent encore de la puissance financière, culturelle et logistique nécessaire pour privatiser symboliquement un lieu aussi saturé médiatiquement que Times Square. Et peu de directeurs artistiques comprennent aussi précisément que Demna la différence fondamentale entre organiser un défilé et produire un événement culturel global capable d’envahir simultanément les réseaux sociaux, les marchés financiers, les médias généralistes et la conversation mode. Ce point est essentiel, car ce qui s’est joué samedi soir dépassait largement le cadre d’une collection Croisière. https://www.youtube.com/watch?v=NxhQXUpAKAQ Gucci traverse depuis plusieurs années une crise plus profonde qu’un simple ralentissement commercial. La maison a progressivement perdu la clarté esthétique et la tension aspirationnelle qui avaient transformé l’ère Alessandro Michele en phénomène mondial. Les ventes ont continué de reculer au premier trimestre 2026, tandis que la dépendance de Kering à Gucci reste considérable : la marque représente encore environ 40…
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