Paris, le 25 novembre 2025 - Estimated reading time: 4 minutes Lorsque Gucci a confirmé que sa collection Croisière 2027 serait présentée à New York le 16 mai, l’annonce a été perçue comme un geste créatif. Elle relève en réalité d’une décision stratégique : l’Amérique du Nord est redevenue un champ de bataille central pour les maisons européennes, sur fond de reprise progressive de la demande domestique et de concurrence accrue entre les géants du secteur. Pour Kering, fragilisé par le ralentissement de Gucci ces dernières années, cette décision marque un repositionnement clair : revenir sur la scène américaine pour accompagner la montée en puissance de Demna, dont la première collection croisière sera observée comme un test de rééquilibrage esthétique et commercial. Les perspectives pour 2026 confortent ce choix. Selon Bain & Company, la demande intérieure américaine montre des signaux de solidité structurelle, tandis que le consensus d’Altagamma anticipe une croissance de 4,5 % en Amérique du Nord, tirée par un élargissement de la population fortunée. Dans ce contexte, les maisons cherchent à capter une audience locale moins dépendante du tourisme, mais plus sélective dans ses arbitrages — un enjeu d’autant plus important que la volatilité économique des classes moyennes américaines se conjugue à la dynamique ascendante des ultra-HNWIs. Gucci n’est pas la seule à se repositionner ainsi. Chanel dévoilera sa première collection Métiers d’Art sous la direction de Matthieu Blazy à New York en décembre, Louis Vuitton y présentera la Croisière 2027 de Nicolas Ghesquière en mai, pendant que…
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