Paris, le 25 juin 2025 - Estimated reading time: 4 minutes Alors que son dernier défilé pour Balenciaga approche, Demna Gvasalia livre une exposition à son image : saturée, déroutante et résolument ironique. Présentée au siège parisien de Kering jusqu’au 9 juillet, la rétrospective « Balenciaga par Demna » revient sur dix années d’expérimentation stylistique à travers 101 modèles issus de 30 collections, accompagnés de 50 narrations simultanées, dont la sienne. L’expérience débute par un clin d’œil à ses débuts avortés chez Balenciaga : une lettre de refus de stage datée de 2007. « Si j’avais été accepté, ma vie aurait peut-être pris un autre tournant », confie-t-il en voix off, entremêlée à celle de mannequins, collaborateurs et anonymes. Ce chaos sonore, voulu, évoque le vacarme médiatique qu’il a souvent alimenté. Au-delà du récit personnel, l’exposition explore les tensions entre haute couture, objets du quotidien et provocations assumées. Une doudoune portée comme une robe de bal, une pochette inspirée d’un rétroviseur, une jupe en forme de serviette ou encore un sac en cuir bleu reprenant les codes visuels du cabas Ikea : chacun de ces objets pose la question de la valeur, du pastiche et de la fonction du vêtement dans un monde saturé d’images. Demna réinvestit également les silhouettes iconiques de Cristóbal Balenciaga, jouant des volumes et de la posture, tout en injectant sa signature visuelle post-soviétique et dystopique. Les fameuses pantashoes, synthèse entre pantalon et escarpin, ponctuent à plusieurs reprises le…
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