Paris, le 24 mars 2026 - 4 minutes Le départ de Nicolas Di Felice de Courrèges, annoncé le 24 mars, dépasse le cadre d’un simple changement de direction artistique. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition au sein de l’industrie du luxe, où les maisons arbitrent désormais avec une intensité croissante entre désirabilité culturelle et discipline économique, dans un contexte de ralentissement de la demande et de montée des exigences de rentabilité. Arrivé en 2020, le designer belge avait pris la tête d’une maison dont l’héritage, profondément ancré dans l’esthétique Space Age d’André Courrèges, peinait à trouver une traduction contemporaine lisible. En cinq années, il aura opéré un repositionnement structurant, redonnant à la marque une place identifiable dans le paysage de la mode. Plutôt que de s’inscrire dans une logique patrimoniale, Di Felice a activé les codes fondateurs - vinyle, lignes géométriques, minimalisme futuriste - pour en faire le socle d’un langage esthétique sensuel, épuré et immédiatement reconnaissable. Cette réécriture ne s’est pas limitée au produit. Elle s’est accompagnée de la construction d’un écosystème culturel cohérent, articulé autour de la musique, de la scénographie et d’un travail d’image global. Les défilés, les collaborations avec le DJ Erwan Sene ou encore les soirées Club Courrèges ont progressivement repositionné la maison comme une entité culturelle à part entière, en phase avec les attentes d’une audience plus jeune pour laquelle la mode ne peut plus être dissociée de son environnement créatif.…
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