Paris, le 28 février 2026 - 4 minutes Chez Charlotte Tilbury Beauty, la transition a été immédiate - et révélatrice. Quelques jours après le départ de Demetra Pinsent, dirigeante qui aura piloté quatorze années d’expansion internationale, la marque nomme Jérôme Leloup à la direction marketing. Dans une industrie où le tempo des nominations précède souvent les inflexions stratégiques, cette séquence dit davantage qu’un simple relais managérial. Pinsent aura transformé une marque d’artiste en actif mondial structurant au sein de Puig. Sous son mandat, Charlotte Tilbury s’est imposée comme numéro un du maquillage prestige au Royaume-Uni et troisième aux États-Unis - deux marchés décisifs où la croissance se joue autant sur l’allocation média que sur la profondeur retail. Le cycle entrepreneurial est désormais consolidé. S’ouvre celui de la discipline. Le choix de Jérôme Leloup est cohérent avec cette nouvelle phase. Chez Rabanne, il a contribué à faire franchir le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires, seuil qui transforme une marque performante en pilier structurel. En 2025, le maquillage a représenté 845 millions d’euros, soit 17 % du chiffre d’affaires de Puig, avec une croissance organique à deux chiffres. Charlotte Tilbury y a joué un rôle moteur. La marque n’est plus périphérique ; elle est stratégique. Mais la désirabilité ne garantit pas la récurrence. Le marché américain, principal moteur d’expansion, est saturé d’acteurs intégrés capables d’investissements médias massifs et d’une excellence omnicanale industrielle. La pression promotionnelle s’intensifie. Les coûts d’acquisition digitaux progressent. Les cycles…
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