Temps de lecture estimé : 6 minutes Lorsque Chanel annonce que son prochain défilé Métiers d’Art se tiendra à Rome le 2 décembre prochain, la maison ne choisit pas simplement une destination prestigieuse. Elle choisit un territoire culturel capable de donner une profondeur institutionnelle à une phase particulièrement stratégique de son histoire créative. Après le spectaculaire défilé organisé à New York City l’an dernier, Matthieu Blazy poursuit désormais l’installation de son langage Chanel dans une ville où l’histoire, le cinéma, l’art et le pouvoir symbolique imposent un niveau d’exigence bien supérieur à celui d’un simple événement de mode. Depuis plusieurs saisons, les collections Métiers d’Art ont cessé d’être des rendez-vous intermédiaires uniquement destinés à soutenir le rythme commercial des maisons. Chez Chanel, elles sont progressivement devenues des instruments de diplomatie culturelle globale. Chaque ville choisie fonctionne désormais comme un prolongement du récit stratégique de la maison. Tokyo, Edinburgh, Hangzhou, Dakar ou encore New York n’ont jamais été de simples décors ; ces destinations participent à la construction d’une cartographie culturelle destinée à maintenir Chanel dans une catégorie distincte du reste du marché du luxe. Rome occupe toutefois une place particulière dans cette géographie symbolique. Peu de capitales possèdent une telle densité historique et artistique. Là où certaines villes offrent de la visibilité, Rome impose de la légitimité. Son poids culturel oblige les marques à dialoguer avec des siècles d’histoire esthétique, avec le cinéma italien, avec la Renaissance et avec une certaine idée de la permanence européenne. Pour une maison…
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