Paris, le 27 janvier 2026 - Estimated reading time: 6 minutes Entrer en haute couture chez Chanel revient souvent à hériter d’un langage déjà saturé de signes. Tweed, boutons-bijoux, camélias : peu de maisons ont autant codifié leur imaginaire. Pour ses débuts couture, Matthieu Blazy a choisi de s’attaquer à cet héritage par le vide. Non pas en le niant, mais en le mettant à l’épreuve. Sa première collection haute couture printemps 2026 repose sur une hypothèse simple, presque conceptuelle : si l’on retire à Chanel ses emblèmes les plus reconnaissables, reste-t-il encore quelque chose ? La réponse apportée par Blazy n’est ni nostalgique ni provocatrice. Elle est méthodique, silencieuse, et profondément stratégique. L’élégance comme refus Blazy revendique une filiation intellectuelle directe avec Gabrielle Chanel. À ses yeux, la fondatrice n’a jamais conçu la couture comme un exercice de virtuosité décorative, mais comme un outil d’émancipation et de simplicité. À l’origine, rappelle-t-il, la couture Chanel habillait les femmes pour vivre — pas pour être regardées. Cette idée irrigue toute la collection. Le premier look, une variation quasi fantomatique du tailleur Chanel en mousseline nude, agit comme un manifeste : la silhouette est là, reconnaissable dans ses proportions, mais vidée de toute surcharge. L’ornement n’est plus le point d’entrée ; la construction, la matière et l’usage reprennent le dessus. Là où la précédente direction artistique privilégiait souvent une réaffirmation explicite des codes, Blazy opère une rupture douce. Il ne cite pas Chanel : il la…
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