Temps de lecture estimé : 5 minutes Le passage de Timothée Chalamet à Jacob Elordi à la tête de Bleu de Chanel dépasse largement le cadre d’un renouvellement d’ambassadeur. Il s’inscrit dans une reconfiguration plus profonde de la stratégie d’image de Chanel, à un moment où le parfum masculin, historiquement pilier de volume et d’accessibilité dans le luxe, devient un terrain de compétition culturelle aussi structurant que la mode ou les accessoires. Depuis 2010, Bleu de Chanel a été conçu comme un territoire narratif autonome, articulé autour d’une masculinité introspective, presque en retrait du monde. Incarnée par Gaspard Ulliel puis prolongée par Chalamet, cette figure reposait sur une tension intérieure, mise en scène à travers un langage cinématographique exigeant, confié à des auteurs comme Martin Scorsese ou Steve McQueen. Le parfum n’y était pas seulement un produit, mais l’expression d’une quête - une liberté à conquérir, presque à conceptualiser. Avec Elordi, Chanel ne rompt pas avec cet héritage, mais en modifie profondément la dynamique. La masculinité qu’il incarne est moins intériorisée, plus immédiatement perceptible, inscrite dans une logique de présence plutôt que de distance. Ce glissement répond à une transformation plus large des codes culturels : la désirabilité contemporaine ne repose plus uniquement sur le mystère ou la rareté, mais sur la capacité à projeter une intensité lisible, instantanément appropriable par une audience globale. Elordi, révélé par Euphoria et désormais positionné sur des productions à fort potentiel comme Frankenstein, incarne précisément cette hybridation entre profondeur narrative et visibilité mainstream. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée…
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