Paris, le 21 janvier 2026 - Estimated reading time: 6 minutes Pour une première campagne, les maisons oscillent souvent entre deux réflexes : la rupture spectaculaire ou la continuité rassurante. Chanel, sous la direction artistique de Matthieu Blazy, choisit une troisième voie : la continuité, mais élevée au rang de déclaration. Le décor n’est pas un studio, ni une abstraction contemporaine ; c’est La Pausa, villa méditerranéenne bâtie en 1928 par Gabrielle “Coco” Chanel sur la Côte d’Azur, et longtemps associée à une sociabilité artistique rare — Salvador Dalí, Luchino Visconti, Colette. Dans une industrie où l’image précède souvent le produit, le lieu agit ici comme un texte. La Pausa raconte Chanel avant même que les vêtements ne parlent : un art de vivre, une indépendance, une idée de liberté sans démonstration. Pour Blazy, c’est une manière d’entrer dans la maison sans surenchère, en s’appuyant sur un capital symbolique que Chanel maîtrise mieux que quiconque : l’archive vivante. Alec Soth et l’anti-spectacle : une esthétique de l’intime La campagne Printemps 2026 est photographiée par Alec Soth, choix qui confirme une intention : l’atmosphère plutôt que l’effet. Là où la mode multiplie les images saturées, Soth impose une narration plus lente, presque documentaire. Les mannequins — Awar Odhiang, Bhavitha Mandava, Loli Bahia, Aditsa Berzeniia, Marta Freccia, complété·es par Trinidad Castaño, Waleska Gorczevski, Noor Khan, Latahlia Hickling, Josephen Akuei, Xiuli Jiang et Cathy Simmons — ne “posent” pas seulement : elles et ils habitent. On les voit descendre les escaliers, s’allonger…
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