Paris, le 10 mars 2026 - 8 minutes La mode des grandes maisons repose souvent sur un paradoxe : comment renouveler un langage visuel profondément codifié sans en altérer l’identité. Chez Chanel, cette tension est particulièrement visible, tant l’héritage de Coco Chanel continue de structurer l’imaginaire de la maison. En présentant sa collection prêt-à -porter automne-hiver 2026 au Grand Palais, Matthieu Blazy a choisi d’embrasser pleinement cette conversation avec le passé, tout en cherchant à la déplacer vers une lecture contemporaine capable de résonner avec une nouvelle génération d’acheteurs et d’observateurs du luxe. Le point de départ de la collection réside dans une phrase prononcée par Coco Chanel lors d’une interview accordée au Figaro dans les années 1950 : « La mode, c’est à la fois chenille et papillon. » Dans cette image poétique se cache une vision très structurée du vêtement. La chenille incarne la simplicité, le confort, la proximité avec le quotidien. Le papillon, lui, renvoie à la transformation, à la lumière, à la dimension spectaculaire du vêtement. En prenant cette idée comme fil conducteur, Matthieu Blazy construit une collection qui oscille entre deux registres complémentaires : une sobriété presque utilitaire et une théâtralité contrôlée. Cette dualité apparaît dès les premiers passages du défilé. Les silhouettes de jour reposent sur un vocabulaire volontairement réduit : vestes en maille noire, tweeds épurés, jerseys minimalistes. Le tailleur Chanel, pièce fondatrice du vestiaire de la maison, devient ici le point d’ancrage de la collection. Blazy l’aborde comme…
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