𝐄́𝐝𝐢𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐥 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞́ 𝐞𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐧𝐚𝐫𝐢𝐚𝐭 𝐚𝐯𝐞𝐜 The Off 4 minutes L’horlogerie de prestige repose sur une contradiction structurelle : elle valorise l’innovation tout en dépendant d’un socle de savoir-faire dont la transmission reste fragile, parfois informelle, et de plus en plus sous tension. C’est précisément à cet endroit que se situe l’initiative conjointe de Cartier et de la King's Foundation, qui annoncent un programme de troisième cycle consacré aux métiers d’art décoratifs appliqués à l’horlogerie. Pensé sur trois ans, ce dispositif dépasse le cadre académique traditionnel. Il s’inscrit dans une logique d’écosystème, où formation, production et transmission s’articulent dans des lieux à forte valeur symbolique. Les participants évolueront entre Dumfries House, propriété restaurée et transformée en centre de formation par le roi Charles III, et la Maison des Métiers d’Art de Cartier à La Chaux-de-Fonds, cœur historique de l’horlogerie suisse. Le programme, structuré sur sept mois, combine cinq mois d’apprentissage théorique et deux mois de projet pratique. Mais l’essentiel se joue ailleurs : dans l’accès à des techniques hautement spécialisées - émaillage (champlevé, grisaille), marqueterie - dont la maîtrise ne peut être dissociée d’un compagnonnage prolongé avec des artisans expérimentés. Ce modèle pédagogique traduit une évolution notable du rôle des maisons de luxe dans la formation. Là où l’industrie s’appuyait historiquement sur des écoles externes ou des dynamiques de transmission internes informelles, elle investit désormais dans des dispositifs hybrides, capables de former, identifier et fidéliser les talents en amont. Pour Cartier, cette initiative s’inscrit dans une continuité stratégique.…
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