Lecture : 6 minutes Au sein de LVMH, les nominations les plus observées ne sont plus nécessairement celles qui concernent les plus grandes maisons, mais celles qui révèlent les nouveaux critères de fabrication du leadership dans le luxe contemporain. L’arrivée de Camille de Dominicis à la direction générale France de Guerlain appartient à cette catégorie. Derrière ce mouvement se lit moins un simple changement de périmètre qu’une évolution plus profonde de la manière dont le groupe entend désormais identifier, former et faire émerger ses dirigeant·e·s. Pendant huit années, Camille de Dominicis aura incarné l’un des projets les plus atypiques du portefeuille Moët Hennessy : Eminente, maison de rhum cubain lancée quasiment ex nihilo dans un environnement déjà saturé par les grands acteurs premium et ultra-premium des spiritueux. Une initiative qui, au départ, pouvait apparaître comme un pari de diversification expérimental, mais qui s’est progressivement transformée en démonstration stratégique de ce que l’intrapreneuriat peut produire lorsqu’il bénéficie d’un véritable soutien industriel et culturel. Dans l’industrie du luxe, peu de dirigeant·e·s peuvent aujourd’hui revendiquer avoir construit une maison depuis sa création tout en évoluant à l’intérieur d’un grand groupe coté. Encore moins lorsqu’il s’agit de piloter simultanément l’image, le développement international, les opérations, la désirabilité culturelle et la discipline financière d’un projet entrepreneurial intégré à un écosystème aussi structuré que celui de LVMH. C’est précisément cette combinaison qui semble aujourd’hui recherchée. Le parcours de Camille de Dominicis s’inscrit dans une génération de…
Éditorial réservé aux membres
Cet éditorial est accessible uniquement aux utilisateurs disposant d’un compte.
Créez votre compte gratuitement ou connectez-vous pour poursuivre votre lecture.