Temps de lecture estimé : 6 minutes Le BHV Marais n’est peut-être plus considéré comme un grand magasin à relancer, mais comme un actif urbain à reprogrammer. Derrière le chantier de 200 millions d’euros piloté par Brookfield Asset Management et orchestré par Aroxys, se joue en réalité une mutation bien plus profonde du capital immobilier européen : celle d’immeubles historiques dont la valeur ne repose plus prioritairement sur la densité commerciale, mais sur leur capacité à devenir des destinations hybrides à forte intensité expérientielle. Le projet du BHV s’inscrit dans une mécanique désormais visible dans plusieurs capitales occidentales. Les grands magasins historiques - longtemps structurés autour du trafic, du volume et de la profondeur d’offre - voient leur modèle économique progressivement fragilisé par la polarisation du luxe, la montée du e-commerce et la contraction des usages intermédiaires de consommation. Dans ce contexte, l’actif immobilier reprend progressivement le dessus sur l’exploitation commerciale elle-même. Le choix de réduire le BHV à environ 40 % de ses surfaces actuelles illustre précisément cette bascule. L’enjeu pour Brookfield n’est pas seulement de préserver une activité commerciale emblématique du paysage parisien : il s’agit surtout d’optimiser un emplacement considéré comme exceptionnel à l’échelle européenne, face à l’Hôtel de Ville, au cœur du Marais et à proximité immédiate des flux touristiques les plus résilients de la capitale. La création d’un hôtel aux deux derniers étages constitue donc moins un complément qu’un pivot stratégique. Dans les grands centres urbains internationaux, l’hospitality premium apparaît…
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