Paris, le 19 mars 2026 - Estimated reading time: 8 minutes L’ouverture de la nouvelle manufacture de Audemars Piguet à Meyrin intervient à un moment charnière pour la Haute Horlogerie, où la croissance du secteur se heurte moins à la demande qu’à sa propre capacité à produire sans compromis. Depuis plusieurs années, l’industrie évolue dans une tension paradoxale : une désirabilité intacte, voire renforcée sur certains segments, mais une chaîne de valeur contrainte par la rareté des savoir-faire, la complexité des composants et la fragmentation historique des opérations. Dans ce contexte, chaque investissement industriel devient un acte stratégique, révélateur d’une lecture du futur du secteur. Meyrin, en ce sens, n’est pas un site supplémentaire ; c’est une prise de position. En choisissant de concentrer à Meyrin la production des boîtes et des bracelets - deux éléments critiques à la fois en termes de perception produit et de complexité industrielle - Audemars Piguet opère un mouvement de réinternalisation qui dépasse la simple logique de contrôle qualité. Il s’agit de reprendre la main sur des maillons historiquement exposés aux aléas de capacité, de délais et de dépendance fournisseurs, dans un environnement où la moindre rupture peut désynchroniser l’ensemble de la production. Cette intégration permet de réduire les zones de friction invisibles qui, à l’échelle d’une manufacture de haute précision, deviennent des coûts stratégiques : délais d’ajustement, itérations techniques, arbitrages intermétiers. En rapprochant physiquement ces expertises, la maison transforme la géographie de sa…
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