Lecture : 7 minutes À Milan, la réorganisation annoncée chez Bottega Veneta ne relève pas d’un simple ajustement organique. Elle agit plutôt comme un révélateur de la nouvelle architecture du luxe mondial : un modèle où la puissance créative ne suffit plus, et où la sophistication commerciale devient progressivement l’un des principaux leviers de valorisation des maisons. La nomination d’Alejandra Rositto au poste nouvellement créé de directrice commerciale mondiale illustre cette bascule avec une netteté particulière. Derrière l’intitulé se cache en réalité un périmètre extrêmement large : retail, wholesale, e-commerce, CRM, clienteling privé, immobilier commercial, performance des boutiques, opérations et formation des équipes de vente. Autrement dit, l’ensemble des points de contact qui déterminent aujourd’hui la qualité de la relation entre une maison et ses clientèles les plus stratégiques. Pendant longtemps, les groupes de luxe ont structuré leur croissance autour de la désirabilité produit et de l’expansion géographique. Cette mécanique reste évidemment centrale, mais elle n’est plus suffisante dans un marché entré dans une phase de maturité relative, marqué par le ralentissement chinois, la polarisation des dépenses et la montée en puissance des Very Important Clients comme principal moteur de rentabilité. Dans ce nouvel environnement, la performance ne dépend plus uniquement du volume d’ouvertures ou de la puissance marketing globale. Elle repose de plus en plus sur la capacité d’une maison à orchestrer une expérience cohérente entre les régions, les canaux et les typologies de clientèle. Le luxe contemporain devient…
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